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La terre attend

La nue, imbibée d’eau, lentement me tourmente
Passant des faux azurs
Aux tons dorés et purs
Les feux brûlent les chants, le monde se lamente.
Pluies qui regardez dans le ciel éclatant,
Grondez, la terre attend !

Le mont, le vert coteau, la prairie et la lande,
Au vent qui gronde et meurt
Prêtent de gaies clameurs ;
Le tronc du bénitier puissamment se rebande
Arbres qui vous voûtez au souffle du beau temps,
Montez, la terre attend !

Les champs couvrent le front des côtes et des plaines
Bientôt les épis mûrs
Seront rangés par neuf
Au fond de lourds greniers ; les granges seront pleines
Épis qui mûrissez près des chemins montants,
Séchez, la terre attend !

Les fleuves de tous les tons émaillent les vallées ;
Les bois sont pleins de champs,
Les champs d’oiseaux, de chants,
De blairs les mieux roulés les villes sont peuplées.
Beautés qui profitez du soleil du printemps,
Vivez, la terre attend !

La vie gonfle les jours de fêtes grandioses ;
Les soirs de doux festins
D’échos les gais matins
Les fous se rient de tout, des pauvres et des choses.
Amis qui vous moquez de la main qui se tend,
Riez, la terre attend !

Le cœur de tous les grands qu’accable la fortune
Pense trouver la paix
Au bout des airs épais.
Déjà, les oiseaux blancs se posent sur la lune,
Humains qui voulez voir le trône de Satan,
Allez, la terre attend !

La terre est le berceau de tout ce qui respire,
De tout ce qui grandit
De tout ce qui verdit
Elle est le grand tombeau de l’homme et son empire.
Années dont les échos vont jusqu’au noir antan.
Fuyez, la terre attend !

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Il y a tellement d hypocrisie !

Certaines personnes nouent leurs lacets un peu plus lâches. D’autres les serrent très fort. Certains s’accommodent d’une vision du monde floue et incertaine. D’autres se concentrent sur tous les détails et évaluent chaque chose selon une mesure précise.
Le problème est que, concrètement, le monde est une grande pagaille.

Tout a commencé quand nous avons mangé de l’Arbre de la Connaissance du Bien associé au Mal : notre monde est devenu un lieu de mélange et d’amalgame. Partout où vous trouverez de la beauté, il y aura de la laideur. Vous ne trouverez pas de joie sans tristesse, ni de plaisir sans douleur. Vous ne pouvez pas inventer une chose qui offrira des avantages sans menace de dommage, ni trouver un homme sur cette terre qui fasse uniquement le bien sans faillir.

Partout où vous trouverez une forme de bien, vous trouverez une autre sorte de mal. Et là où ce mal ne résidera pas, un autre prendra sa place. Vous voulez trouver un bien pur et simple dans un seul être ? C’est quelque chose de rare.

On vit dans monde d'hypocrites. Toujours en train de se planter des poignards dans le dos, de se critiquer, et de, bizarrement, continuer à "s'entendre à merveille". On se voit tous les jours, on passe quelques minutes ensemble, on ose se demander "ça va ?", comme si ça nous intéressait vraiment. Comme si l'on en écoutait réellement la réponse. Comme si ça allait changer quelque chose à notre vie. On passe notre temps concentrés sur notre petite personne, le reste on s'en fout. On pense qu'à nous, on parle que de nous, on fait semblant de compatir avec deux-trois personnes par-ci par-là, mais au fond on n'y trouvera jamais aucun intérêt. Le monde est centré sur nous-mêmes, on en oublie ce qui nous entoure. Qu'est-ce qu'on peut être égoïstes. On tente d'être original, mais on est tous pareils.

Et le pire, c'est qu'on parvient à s'aimer ainsi.
Si l'hypocrisie est un rôle, le monde entier regorge de bons acteurs...
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